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Suivi des frayères de Lamproies

L’objectif du recensement des frayères de Lamproies est de géo-localiser et comptabiliser de façon exhaustive l’ensemble des nids.

Ce recensement permet  d’évaluer un stock de géniteurs colonisant un cours d’eau, de mettre en évidence un front de colonisation et d’éventuels dysfonctionnements liés à la qualité des habitats ou à l’influence de barrages.

Le recensement des frayères de lamproie est utilisé comme outil d’évaluation des actions portées pour le rétablissement de la continuité écologique.

Ce suivi est une mesure du Plan de Gestion des Poissons Migrateurs (PLAGEPOMI) du bassin Seine-Normandie.

Méthodologie

La reproduction se déroule dès lors que la température de l’eau atteint 15 à 17°C (en général en juin). Elle a lieu sur des zones d’alternance entre « plat courant » et « radier ». Le nid est de forme semi-circulaire. Le mâle remanie en premier le substrat, il déplace les cailloux grâce à sa puissante ventouse et en s’aidant du courant pour former un cordon de galets et de graviers (dôme). Lorsque la femelle est prête, elle se fixe sur un caillou apporté par le mâle sur la pente interne à l’amont du nid. Le mâle se ventouse sur la femelle en arrière de sa tête puis s’enroule autour d’elle au niveau de la nageoire dorsale pour l’accouplement. Les femelles expulsent une grande quantité d’œufs (180 000 à 300 000 œufs / femelle chez la Lamproie marine. Source : JANG & LUCAS, 2006 ; PLAGEPOMI S-N) qui se collent aux particules fines présentes au niveau de la dépression. L’ovulation est fractionnée de sorte que la ponte s’étale sur plusieurs semaines. Les géniteurs meurent systématiquement après la reproduction.

Les frayères sont visibles après la période de reproduction (fin juin – début juillet). Ces zones sont remaniées par les géniteurs pour enfouir les œufs, le substrat apparaît plus clair rendant la frayère facilement repérable à l’œil nu. Ce suivi consiste à parcourir l’ensemble de la rivière depuis l’aval, en décrivant et en localisant grâce à un GPS toutes les zones de frayère. Les données saisies alimentent ensuite une base de données. Les données recueillies sont : le nombre de frayères par tronçon, le type de substrat utilisé et les dimensions de la frayère.

Suivi sur le bassin de l'Orne en 2016

Les prospections sur l’Orne se sont déroulées sur 3 jours, entre le 26 et le 28 juillet 2016, depuis le barrage du Petit Moulin sur les communes de Saint-André-sur-Orne/Feuguerolles-Bully jusqu’à l’aval du pont des Vers sur la commune de Mesnil-Villement, soit un linéaire de 50 km. Les faibles débits et l’ensoleillement ont rendu les observations relativement aisées. Néanmoins, le développement précoce de la végétation aquatique ainsi que la persistance des nids observés en 2015 ont rendu le comptage délicat par endroits.

Localisation des frayères de Lamproie marine sur l'Orne en 2016

Lors des prospections, 293 frayères de Lamproie marine ont été recensées sur l’Orne. Sur l’Orne, les frayères se trouvaient au niveau de faciès d’écoulement de type radier et plat courant avec une granulométrie grossière composée majoritairement de gros galets. Des « barres de frai » ou « fronts de frayères » ont été relevés sur bon nombre de secteurs prospectés hormis sur les stations situées en amont. Plusieurs cadavres ou individus mourants ont été vus à proximité des frayères durant le recensement.

L’étude de la répartition des nids répertoriés sur l’Orne traduit une distribution relativement hétérogène des zones de frai liée à la présence d’ouvrages qui créent des retenues défavorables à la reproduction de la Lamproie. Bien évidemment, tout le linéaire n’est pas influencé par les barrages et les géniteurs trouvent sur certains tronçons inter-barrages des conditions localement favorables pour leur reproduction (faciès lotiques, granulométrie grossière de galets) et s’y regroupent. Cette concentration des individus peut induire une forte compétition spatiale des mâles qui sont alors capables de construire plusieurs nids, comme cela a été relevé dans la littérature (APPLEGATE, 1950 ; DUCASSE & LEPRINCE, 1980 ; WIGLEY, 1959).

En 2016, le front de colonisation se trouve à 77 km de la mer, sur les radiers présents en aval du barrage de la Courbe, sur la commune de Cossesseville. L’importance du linéaire colonisé cette année permet à nouveau de mettre en avant les actions menées sur l’Orne en faveur de la continuité écologique, telles que les effacements d’ouvrages. En plus d’assurer la libre circulation piscicole pour toutes les espèces dont la Lamproie marine, ces actions permettent d’améliorer la qualité de l’eau et de restaurer des zones de radiers, favorables à la reproduction de ces espèces.

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